Le temps des cerises

Cela fait maintenant un mois jour pour jour que nous travaillons.

Aujourd’hui c’est Noël, nous sommes le 25 Décembre 2009 et nous nous réveillons gentiment d’une nuit plutôt sonorisée. Nous avons organisé une petite soirée crêpes entre quelques « piqueurs » Français, et laissez-moi-vous dire que même loin des crevettes et autres dindes farcies, nous nous sommes régalés ! Un réveillon plutôt agréable et bien arrosé en attendant l’heure fatidique, minuit, l’heure des cadeaux, l’heure des bisous, l’heure de l’enfance… La veille nous nous étions laissés l’un l’autre une petite heure dans un centre commerciale pour nous acheter quelques petits présents. Histoire de ne pas faillir à la tradition et de se faire plaisir. Je ne vous cache pas qu’il a été très difficile de faire patienter Laetitia jusqu’aux douze coups, mais j’y suis parvenu au prix de grands efforts ! Une vraie gamine celle là ! Mais vous le savez aussi bien que moi, l’attente et l’interdiction ne font qu’accroître le plaisir non ? Et c’est les yeux tout pétillants que nous avons enfin ouvert ces fameux petits paquets si convoités. Un joli pendentif en argent et une mignonne petite vachette en peluche pour ma Chère et Tendre. Quand à moi, j’ai découvert une pièce de monnaie et un petit appareil qui permet de masser. Alors allez savoir si ce dernier m’est réellement destiné ou pas ! Non trêve de plaisanterie, masser ou être masser sont deux choses extrêmement plaisantes je trouve. En ce qui concerne la monnaie il ne s’agit pas de n’importe quelle pièce… C’est une magnifique cinq dollars en Or à l’effigie du grand Requin blanc ! Si Laetitia avait voulu me faire plaisir, elle ne s’y serait pas prise autrement.

Bon sinon quoi d’autre ? Ah oui, le travail ! Comme vous le savez, nous travaillons dans une très grande exploitation de cerisiers. 30 hectares et pas moins de 30000 Arbres chargés de ce délicieux fruit à chair rouge. Située non loin de Melbourne, dans le compté de Wandin, « Cherry Hill » est la troisième ferme de cerises de la Victoria en superficie. Le boulot est simple : levé à 6h45, prêt à « piquer » à 7h00 et c’est parti pour entre 7 et 8 heures non-stop. Ramasser des cerises est relativement simple, mais par contre, nous sommes payés au rendement donc plus vous êtes rapide, mieux ça vaut pour votre porte monnaies. Et c’est donc là que je vais aborder un sujet qui passionne l’homme depuis des lustres : l’argent… Laetitia « pique » plus vite que moi. Sans doute la motivation, la taille des doigts et la gourmandise qui entrent en jeu mais voilà pour mon coté macho, ma petite Femme rapporte plus d’argent à la maison ! Grrr D’après mon Père, c’est parce qu’elle aurait l’habitude des petites boules… Trêves de plaisanteries et revenons à nos doublons : pour une journée de 8h, comptez en moyenne 140 dollars. Pour la journée record, Laetitia gagne 268 dollars pour 9h30 de travail sans pause aucune, quant à moi, j’atteins péniblement le 192 dollars… Et depuis le mois et les quelques jours que nous sommes ici, soit 26 jours de boulot seulement, nous avons gagnés en tout pour tous les deux 6142 dollars. C’est bien plus que ce que nous espérions, mais il y a beaucoup plus à gagner ! Certains « piqueurs » d’expérience récoltent en moyenne près de 500 dollars de cerises par jours !!! Je vous laisse calculer pour le mois…

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Travailler en plein air aux milieux des Arbres est très plaisant. Mais là où ça se gâte, c’est que dès  qu’il s’agit d’argent, l’homme devient plus ou moins stupide et incorrecte avec son prochain. J’explique : On vous attribut une rangée ou plusieurs Arbres à « piquer », et naturellement, certain sont plus chargés que d’autre, donc le matin commence une véritable petite course et une véritable petite guerre pour se réserver son Eldorado de cerises. Cela étant déjà assez stressant, il faut ajouter le fait que chacun tente plus où moins de remplir ces barquettes sous le seuil d’acceptance… Au bout du compte, injustice croyez-moi car 6 barquettes quelque peu légères valent sans problème 4 correctement remplies. Et puis en fin de journée, chacun, avec toute l’hypocrisie du monde demande à l’autre : « combien aujourd’hui ? » Et on fait semblant de se féliciter, on se justifie d’avoir moins fait d’argent parce que ceci, parce cela… Bref, cette ambiance m’a relativement vite agacé et j’ai heureusement pu m’éclipser du « picking » pour me retrouver parmi les petits chefs pour réaliser les tournés en tracteur et ramasser les barquettes de chacun, tourner en quad ou en jeep pour amener les différents « piqueurs » dans les rangées, ou encore apporter des échelles dans les endroits stratégiques. Il m’est arrivé deux nuits de suites de patrouiller en quad dans les cerisiers pour faire fuir des Roussettes, des Chauves-souris géantes quoi ! Ce fut un travail un peu plus intéressant, donnant plus de responsabilités, et plus varié que de ramasser des cerises. Payé à l’heure, donc un peu plus rentable pour moi sur deux plans : le porte monnaie et mon moral vu la « tension » dans les champs…

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Vous savez à peu prés tout maintenant sur notre travail ici. Mais il y a de moins en moins de cerisiers encore vierges et nous sommes de plus en plus nombreux. Juste des demi-journées de boulot, des journées en chômage technique qui se multiplient et une ambiance qui se dégrade au camping… Oui la ferme dispose d’un espace camping avec cuisine, douche, frigidaire et lave linge pour presque rien par semaine. Nous ne pouvions pas rêver mieux, mais la vie en communauté n’est pas facile quand vous ne supportez pas l’irrespect et le « je m’en foutisme ». Je ne vais pas disserter sur  ce passage non réjouissant de l’aventure mais toujours est-il qu’heureusement, Laetitia et moi avons encore quelques neurones qui fonctionnent et nous empêchent de ne pas craquer totalement et causer l’irréversible. Je sais jusqu’où les hommes peuvent aller dans la bêtise et je sais aussi jusqu’où nous pourrions aller dans la folie. L’histoire s’est donc terminée par l’arrivée de la police, le départ forcé de certaines personnes du camping et de notre départ vers une autre exploitation du même patron, 200 kilomètres plus au nord…

Aujourd’hui nous sommes à Tolmie, toujours en Victoria. La région est très agréable : c’est vert, vallonné, il ne fait pas trop chaud et elle propose de nombreuses activités. J’ai pu ressortir ma pelle et ma batée pour trouver encore quelques paillettes d’or et de petites pierres transparentes… Nous sommes allés au champ de courses pour miser quelques dollars sur les bons canassons, journée très agréable. Et j’ai pu également me réessayer aux sensations extrêmes du VTT de descente dans une très belle station de ski de la Victoria, le Mont Buller.  Mais ce ne fût pas chose facile d’y arriver à cette fameuse station ! Parce que plutôt que de prendre la route, j’ai décidé d’emprunter une piste réservée au 4×4, c’est bien plus joli de traverser la Forêt pardi ! Après 15 kilomètres de chemins de terre et de pierres quasi infranchissables sans un véhicule quatre roues motrices, après s’y être reprit à trois fois pour parvenir au sommet d’une montée impossible entre falaise et précipice, nous sommes enfin arrivés ! Pizza pour se restaurer et  j’ai finalement garé le van pour passer la nuit, dans un fossé complètement inondé… Impossible de s’en sortir !! Les roues arrière noyées dans la vase, nous avons finalement dû trouver une âme charitable pour nous tracter hors de ce véritable piège. Nous avons bien rigolé, surtout quand nous avons vu la tête du gars après  lui avoir annoncé notre parcours pour venir ici !

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Oulala ! Mais j’ai bien faillit oublier de parler de ce fameux réveillon du jour de l’an ! Nous nous sommes rendus à Mansfield, une vraie ville à 30 kilomètres Tolmie, pour y trouver un vrai restaurant… Chose relativement difficile en Australie et surtout dans cette Pampa ! Nous atterrissons finalement dans un très chic établissement avec spécialités Thaï. Petits cocktails originaux à base de crème de café pour Laetitia et quant à moi, un doux breuvage fortement alcoolisé avec feuilles d’or en surface… Si si, j’ai bu de l’or ! Mais ce n’est  pas ça qui étanchera ma légère fièvre pour ce beau métal. Le repas fût délicieux mais très épicé, et croyez moi, manger et pisser en même temps n’est pas chose facile… Désolé, mais c’était pour la petite note humoristique de l’article. Très bon donc mais à 23h, nous tombons de fatigue et de sommeil : direction le dodo… Et oui, nous n’avons pas attendu les douze coups de minuit mais à 00h30, un orage cataclysmique s’est abattu sur nous. Tellement d’éclairs à la seconde que nous aurions pu aisément prendre la route en pleine nuit sans phares. 2010 nettoie toute la crasse de 2009, l’année s’annonce bien !

Le travail à Tolmie s’est déjà arrêté depuis deux jours pour recommencer dans une semaine : les cerises ne sont pas encore tout à fait mûres. Nous décidons donc de retourner à la première exploitation pour travailler un petit peu, et surtout bénéficier du camping car à Tolmie, à part une taverne il n’y a rien ! Voilà donc pour les dernières aventures, nous sommes dans une phase de longue attente et nous espérons pouvoir nous faire encore un petit peu d’argent avant le départ pour la Tasmanie ! Et oui, nous avons acheté des billets pour le ferry le 24 janvier. Nous voulions et nous aurions pu partir plus tôt mais c’était deux voir trois fois plus onéreux…

A propos du Van… Encore de nombreuses péripéties ! Pour commencer, ou plutôt recommencer, l’alternateur qui a refait des siennes lors de la petite journée sur Phillip Island, petite ile complètement au sud de l’Australie près de Melbourne. Toujours le même problème, le voyant de la batterie qui s’allume sur le tableau de bord, donc une batterie qui ne charge pas à cause d’un alternateur défaillant. Et c’est reparti pour de nombreuses séances de coups secs sur l’affreux coupable. Ca fonctionne le temps de quelques kilomètres mais guère plus. Et je m’énerve et je m’énerve ! C’est à ce moment précis que l’on fait des bêtises : ne trouvant plus le marteau pour taper sur le tuyau de métal faisant office de burin, me voilà déjà avec la première chose plus ou moins dure qui m’est passé par la main, une petite bouteille de gaz pour notre réchaud… Et même si je me suis dit et répété au fond de moi que ce n’était pas une brillante idée, j’ai quand même utilisé mon marteau de fortune. Et même avec toutes les précautions du monde, le tuyau de métal a crevé la bouteille au premier coup. Imaginez donc un jet de gaz hautement inflammable… vaporisé sous l’effet de la pression… vers un moteur en plein fonctionnement… ça peut faire mal, très mal… D’un geste brusque je jette la bouteille violemment, qui, au passage manque Laetitia de justesse et fini son premier vol à quelques mètres de nous tout en continuant de se vider gentiment… quand je vous disais que l’on fait n’importe quoi lorsque l’on s’énerve ! Et puis au final, on cherche le marteau et on le trouve bien entendu. Bref, ce fut un petit peu la galère pour rentrer au camping de « Cherry Hill ». Le lendemain démontage complet de l’alternateur, effectivement les charbons sont « morts de chez mort »! Laetitia est donc allée en acheter en ville avec la voiture d’un de nos chefs, merci, remontage, ça marche !!!! Pfiou…

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Mais ce n’est pas fini. Depuis le début, nous avons toujours eu une toute petite fuite de liquide frein. Sous le tableau de bord, au niveau du maitre cylindre. Pas de quoi s’inquiéter puisque le Van freine normalement et nous avons dû perdre l’équivalent d’un demi petit verre d’eau en trois mois. Mais là nous devons faire la révision « forcée » des 5000 kilomètres pour pouvoir encore bénéficier de la garantie d’un an. Ok, c’est parti pour la révision et le remplacement du maitre cylindre puisque c’est presque totalement compris dans la garantie. Nous laissons Lumpy 3 heures chez un mécanicien qui à l’air plutôt sympathique et efficace. Il  a changé la pièce en question, impeccable, mais il a travaillé comme un véritable cochon ! De l’huile partout sur le tapis de sol et sur les fils et connecteurs du tableau de bord, horreur ! Le sol du Van est tellement souillé que ça coule sur la route…  J’ai vraiment horreur des mécanos et on se demande bien s’il aurait procédé de la même façon avec une voiture de luxe ! Nous payons le surplus convenu par avance, 80 dollars pas de problème, et nous remet une fausse facture à envoyer à la garantie en ce qui concerne la révision (C’est ce que nous avions convenu, je préfère, je ferrais la vidange et tout ce qui va bien moi-même). Nous lui demandons de nettoyer un petit peu mieux et hop, direction la ferme. Mais presque en arrivant je remarque avec horreur l’état de l’aiguille d’essence, au plus haut niveau alors que nous allions devoir bientôt faire le plein. Soit il nous a fait le plein, je n’y crois pas du tout, soit les connecteurs noyés dans l’huile font court-circuit, soit il a oublié de rebranché l’un d’eux, là j’y crois ! Sur le moment, aucune envi de retourner au garage. De toute manière, nous sommes maintenant l’après midi de samedi, c’est fermé… Je vous passe les diverses insultes que j’ai profané à l’égard du mécanicien et me voici déjà en train de démonter le tableau de bord. C’est un véritable casse-tête ! Je me demande encore comment j’ai pu ne rien casser… Bref, je déconnecte tous les connecteurs mais l’aiguille est réellement bloquée ! Je rebranche tout mais rien n’y fait, c’est cassé… Encore trêves d’insultes et Laetitia me dis qu’il faut surement remettre le contact… Je n’y crois guère, préférant toujours insulter le mécano mais je m’exécute : l’aiguille redescend doucement, c’est gagné ! Au final je n’ai pas vraiment trouvé de panne, mais le nettoyage a dû faire du bien et ça fonctionne de nouveau. Et voilà, j’ai pu faire la vidange plus sereinement et en ai profité une fois couché sous le Van pour faire une petite révision : rien d’anormal, et le moteur ne perd pas d’eau ni d’huile, que demander de mieux ? Une meilleure sono dans l’habitacle ? Ok pas de problème, bois, scie-sauteuse, clous, colle, deux haut-parleurs, fer à souder, quelques fils et le tour est joué ! Nous allons pouvoir enfin écouter du rock à fond sur les routes australiennes !

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Album: Le temps des cerises

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10 dollars

Trois heures que nous avalons cet infini ruban de bitume. Hillston se trouve encore à 200 kilomètres de distance, il est tard et temps de trouver où dormir. Nous arrivons à Leeton et pendant que nous recherchons l’endroit propice pour un gros dodo, nous remarquons que toute la ville est bordée d’immenses champs d’oranges bien mûres… Peut-être du travail ?

8h00. Le jeu de piste commence… Nous cherchons un certain Tony qui possède prés de la moitié des fermes de la ville. Nous tenons cette précieuse information d’un couple « de yeux bridés » qui était en train de ramasser des oranges. Une heure passe, nous trouvons enfin l’homme en question mais il ne peut nous offrir de travail, dommage. Nous décidons de poursuivre la route vers Hillston lorsque nous passons devant un grand hangar en pleine activité. C’est un centre de tri et d’emballage d’agrumes. « Bonjour, auriez-vous du travail pour nous ? – Quand pouvez-vous commencer ? – Maintenant – Ok je vous embauche c’est parti ! 

Laetitia dispose oranges et pamplemousses dans des cagettes en plastiques. Le nombre de fruits varie en fonction de leur diamètre. Et moi de mon coté, j’empile le tout sur des palettes. Boulot très facile mais à la fois très dur. Petit calcul : sachant qu’une cagette pèse en moyenne 18 kilos et qu’une palette en accueille 60… Cela fait plus d’une tonne par palette ! Et en trois jours de boulot, j’en ai expédié une vingtaine soit en gros 20 tonnes d’oranges dans le dos ! Pour Laetitia une petite estimation lui offre le score honorable de 8 tonnes ! Laetitia travaille, elle est toute souriante et parait plus heureuse que lorsque l’on a vu des Baleines et des Dauphins… Par moment je ne comprends absolument pas cette Fille. L’équipe est très sympa, nous travaillons tous dans la bonne humeur et c’est plutôt agréable. Sinon rien de palpitant à part la fois où j’ai avalé une mouche. 10 dollars de l’heure… c’est pas cher payé mais ça permet de renflouer un peu les comptes.

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Les trois jours sont passés, il n’y a plus d’orange et de pamplemousses à trier. Nous quittons donc « Pacific Fresh » et la ville de Leeton avec chacun un cheque de prés de 300 dollars, ça fait du bien au porte monnaie qui criait famine.

La suite de l’aventure est simple. La saison des fraises a débutée dans l’état de Victoria et le ramassage paye relativement bien si vous êtes quelqu’un de rapide. Pour nous y rendre, nous passons par Adelong et sa rivière aurifère histoire d’assouvir ma soif d’Or. J’y trouverais encore de nombreuses paillettes mais pas de pépite. Quel bonheur de découvrir au fond de sa batée tous ces petits éclats jaunes… Trois jours à orpailler les pieds dans l’eau, Laetitia n’en pouvait plus, alors nous avons pris la route. Sur le trajet, nous avons traversé les « Snowy Mountains », plus haute chaine de montagnes d’Australie. En passant par le village, le plus haut donc, Laetitia a sauvé un bébé Lapin des crocs d’un lévrier… Une chance que nous passions par là ! Autre instant magique lorsque nous apercevons un panneau d’avertissement Australien que vous connaissez bien. Là, un Cheval sauvage sur fond jaune…  Y aurait-il des chevaux sauvages dans cette région ? Premier chemin à gauche, quelques minutes plus tard nous voilà nez à nez avec un magnifique Cheval solitaire. Nous stoppons le van et continuons vers lui à pieds. Nous faisons 10 pas vers lui, il en fait 5 vers nous. Il à l’air curieux mais relativement craintif. 5 mètres nous sépares encore de lui mais la rencontre est magique. J’aimerais que Laetitia vous écrive se qu’elle a ressenti car c’était son rêve de voir des chevaux sauvages mais elle ne veut pas… Pour ma part, j’ai ressenti un immense sentiment de proximité avec la Nature… Ce fut très émouvant…

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Nous voici maintenant à Yackandandra et la fameuse exploitation de fraise… Le propriétaire n’a pas l’air de vouloir de nous : « laissez moi un numéro je vous appellerai… » 3 jours passent, nous nous offrons deux « cinémas » mais comme nous n’aimons pas trop attendre dans le flou nous partons.

« Yarra Valley », le Pays de la cerise à une demi-heure de Melbourne. C’est parti pour la journée de prospection des fermes. Nous avons démarché pas moins de 15 exploitations mais non… Il est trop tôt encore. Les cerises ne seront bonnes que dans deux semaines ! C’est dingue, à chaque fois nous sommes soit en avance soit en retard… Ce coup ci nous attendrons un point c’est tout ! Un jour passe, deux jours passent… On s’ennuie… On s’énerve… J’ai quelques économies alors piochons dedans pour aller en Tasmanie. Ça sera plus sympa d’attendre en visitant cette, parait-il, magnifique Ile.

Le lendemain 8h, nous sommes déjà sur les quais du port en face de notre frêle esquif de 150 mètres de long. Malheureusement pas de place avant 4 jours… La chance du début commencerait-t-elle à tourner ? Et là le dilemme commence. Nous avons peur d’une chose si nous décidons de partir dans 4 jours : recevoir un coup de fil d’une ferme pour du travail et de devoir soit écourter le séjour en Tasmanie, soit refuser le travail… Il serait vraiment stupide de refuser un travail que nous recherchons depuis si longtemps… Alors réservons nous le ferry ou pas ? Et bien non, ça attendra. Nous passons la journée à visiter Melbourne : de grandes tours de verres, de grands magasins, et de grands parcs en bordure du centre ville. C’est une « belle » ville, c’est propre, les bâtiments ont une architecture peu banale et les gens n’ont pas l’air d’être malheureux. Mais tout ce monde qui grouille me donne le tournis alors nous nous ressourçons toute l’après midi dans ce bout de nature au milieu du béton. Une petite sieste dans l’herbe prés de l’étang et le téléphone sonne : demain nous pouvons commencer à travailler chez « CherryHill » dans le conté de « Silvan ». Heureusement qu’il n’y avait plus de place dans le bateau car à l’heure qu’il est, nous aurions été déjà sur les flots !

Après deux jours de travail à ramasser des cerises, première paye de 160 et 180 dollars. Les salaires sont différents car nous sommes payés à la cagette. A vous de deviner qui gagne quoi. Pour le moment ce n’est pas très bien payé comparé aux longues heures passées dans les champs. Les cerises ne sont pas toutes bien mûres alors nous perdons beaucoup de temps à choisir lesquelles sont bonnes, lesquelles ne le sont pas… Quand nous n’aurons plus à choisir, ça payera ! La ferme nous offre un espace camping avec douches chaudes, frigo et autres commodités pour seulement 50 dollars la semaine : pas de stresse à chercher où se doucher, où dormir, c’est parfait… Le travail est dur mais c’est parfait !

Album: De Tumut à Lilydale

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Ruée vers l’or

Le hasard n'existe plus… 

Le trajet n’est pas excessivement long mais une vérification  de tous les niveaux a été faite juste avant de quitter Gerringong. La route que nous empruntons est celle que nous aurions dû prendre le soir du « drame ». Elle est étroite, sinueuse et présente un fort pourcentage en montée… Par contre, elle serpente dans un Parc de rocs et d’Eucalyptus géants et nos yeux se régalent ! La nuit tombe, la brume tombe, pas d’habitation à des kilomètres à la ronde… Ce scénario digne des plus grands films d’horreurs commence à nous travailler quelque peu, mais Lumpy ronronne à merveille, il ne tombera pas en panne…

Vers 22h nous arrivons enfin à notre étape dodo. Il reste encore une centaine de bornes avant Tumut.

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Réveille en douceur, un peu de peinture sur le Van, un peu de bricolage dans le Van, un bon déjeuner de poissons de Lenny,  il est 14h quand nous redémarrons. Et nous tentons bien évidemment la route touristique que nous indique ce joli petit panneau. Mais la route touristique en question est un chemin de terre en fait… Soit en gros 20km/h maximum ! Mais peu importe, le paysage est toujours aussi plaisant et enfin nous apercevons des kangourous sauvages !!

Soudain c’est encore le « drame »… Un voyant s’allume sur le tableau de bord de Lumpy… Le symbole rouge de la batterie…. Laetitia a travaillé ce matin sur le van et a eu besoin de débrancher la batterie. Pas très sur d’elle, elle doute de son « resserrage ». Non, la cosse est parfaitement bien serrée. Je me tourne alors vers l’alternateur qui doit être en train de rendre l’âme… Armé d’un marteau je lui inflige quelques coups secs : le voyant s’éteint, les charbons doivent commencer à fatiguer… Heureusement que j’ai vu mon Père et mon Grand Père faire ça des milliers de fois. Et quant à moi je vais devoir le faire une bonne dizaine de fois pour rallier sans encombre notre destination.

Nous y voilà enfin ! Ce soir, ce sera douche chaude au Camping… Un peu de luxe de temps en temps ne fait jamais de mal. Demain nous allons pouvoir chercher du travail dans les nombreuses exploitations agricoles des alentours, mais avant, il va falloir passer chez Toyota pour réparer ce foutu alternateur qui « déconne » toutes les cinq minutes… Malheureusement, avec les pauvres outils que je possède, je ne peux me débrouiller seul.

Le samedi matin, tout est fermé. Et le garage Toyota n’échappe malheureusement pas à la règle. En revanche, leur boutique est tout de même ouverte. En patientant quelques minutes pour entendre « Revenez Lundi à 8h », j’aperçois l’impossible dans leurs rayons « bric-à-brac » : Une batée… Une vraie de vraie !!! C’est la première fois que j’en vois une en vraie !!! Et pour que ce genre d’objet soit en vente dans une concession voiture, il faut que la rivière du coin déborde de pépites d’Or, ou alors que les gens de chez Toyota soient complètement tombés sur la tête ! J’opte pour la première idée et nous filons à l’office du tourisme pour demander quelques adresses et numéros de téléphone pour éventuellement commencer notre recherche d’emploi. J’en profiterais aussi pour poser une question qui commence sérieusement à me bruler les lèvres. Pour ceux qui ne le savent encore, trouver de l’Or natif dans le lit d’une rivière est un de mes nombreux rêves d’enfant.

L’office nous aiguille vers la ville de Batlow à 30 kilomètres de là car la saison des pommes devrait débuter d’un moment à l’autre. Et oui, la rivière du coin est aurifère ! La petite bourgade d’Adelong fut l’objet d’une ruée vers l’Or  en 1860. Nous avons un weekend à tuer, pas d’interdiction de prospecter, vite, j’achète cette batée et ruons nous vers cet Eldorado Australien : 25 tonnes de métal jaune de 1860 à 1940 tout de même ! Oh non Toyota vient de fermer ses portes… il est midi passé et ne re-ouvrira que lundi… Tant pis ! « On the road again » nous en trouverons obligatoirement une sur les lieux.

30 minutes et quelques coups de marteau plus tard nous arrivons. Tous les magasins sont clos… Ou plutôt le seul magasin susceptible de vendre l’objet de mon désir est clos. Le village ne doit pas dépasser les 120 habitants. Mon sang boue !! Je sais que nous pourrons revenir les weekends si nous travaillons à Batlow, mais c’est plus fort que moi, serait-ce ça la fièvre de l’Or? Nous nous garons devant le musée qui retrace l’histoire de la ville et de cette ruée jadis. Il est ouvert tous les jours… de 9h à 13h… il est 13h30… Demain nous y reviendrons en espérant trouver des batées à vendre.

Le soir venu, je tente de démonter l’alternateur. En effet, retendre les ressorts et retourner les charbons est un bon moyen de repartir tranquille pour encore des milliers de kilomètres. Entre temps, j’avais envoyé un mail à mon Père pour lui expliquer le problème et d’après l’expert en mécanique, un peu d’essence pourrait supprimer le défaut… L’essence à un grand pouvoir dégraissant. Lors de la grosse frayeur, nous avons perdu beaucoup d’huile et cela à surement dû souiller l’intérieur de cet organe moteur. Elle devient au bout du compte de plus en plus pâteuse et isolante… Petit détour par la station essence et retour au camping, là je pourrais travailler « convenablement » à l’ombre. Je démonte ce que je peux à l’aide de mes outils de fortunes. Les boulons étant toujours plus serrer les uns que les autres, je ne peux venir à bout de ce que je viens d’entreprendre… Finalement, grâce à une chute de tringle à rideau je parviens à faire couler de l’essence à l’intérieur de l’alternateur. Tant pis, je ne pourrais nettoyer avec soins les charbons… Lors du remontage, paf étincelle ! Horreur je viens de faire un court circuit avec ma clef de treize… Prions pour que le fusible ait tenu le coup. Et non, j’ai beau tourner la clef de contact, pas de jus, rien ne fonctionne. Me revoilà à bricoler, un simple brin de fil fera office de fusible jusqu’à lundi. Ça démarre, pas de voyant qui s’allume, attendons plusieurs trajets pour crier victoire.

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Dimanche, 10h, nous entrons. Un car de retraités visite le musée et un Monsieur très aimable nous accueille. Dans en anglais impeccable je lui récite la phrase que j’ai concocté depuis un petit moment. Il me demande si je compte en acheter une ou si c’est juste pour essayer le temps du passage à Adelong. Et le voilà déjà parti chercher une magnifique batée qui a probablement 50 ans ainsi qu’un grand nombre de pépites à son palmarès. Je n’aurais qu’à la rapporter au bar du coin quand j’en aurais terminé. Incroyable… Nous sommes déjà les pieds dans la rivière qui chante entre les rochers. Les ruines de l’ancienne batterie, qui servait à laver les tonnes et les tonnes de minerais, sont impressionnantes, l’endroit est magique. De ce que j’en sais, il ne faut pas creuser au hasard. Les différents reliefs naturels peuvent plus ou moins piéger l’or qui est un métal extrêmement lourd. Ce trou dans la roche fait parfaitement l’affaire… Et c’est parti : je rempli la batée aux trois quarts, on secoue et on tourne et on secoue et on retourne… à la fin il ne doit rester plus que ce sédiment noir et très fin qui renferme le précieux métal… Effectivement, une petite paillette est là, au fond de la battée ! Par contre elle est microscopique… Je suis content sans l’être car j’ai vu de nombreuses émissions sur l’orpaillage à la télé : ils se retrouvent avec des dizaines de paillettes après chaque lavage… Alors il ne faudra pas me faire croire qu’il y a plus d’or dans le Gardon qu’ici ! Je pense qu’il ne faut pas croire tout ce que l’on voit au petit écran. Après quatre lavages, et quelques paillettes, enfin l’adrénaline, enfin le frisson quand je découvre au milieu de ce sable noir une petite pépite ! De son plus beau reflet doré elle me fait signe! Eh oh je suis là !! Elle ne doit mesurer que trois millimètres par un demi mais quelle sensation ! Un rêve de plus qui s’accomplit… Certains disent qu’il faut bien se souvenir de cette première sensation car au fil du temps elle change. Vous devinerez surement pourquoi…

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Récapitulons: pas de panne, pas de Toyota, pas de batée, pas de pépite… drôle de hasard non?

Départ en fin de soirée pour Batlow. Laetitia conduit pour la première fois et j’aimerais bien qu’elle prenne « la plume » de temps en temps pour vous expliquer ce qu’elle ressent… Tout est fermé lorsque nous arrivons mais nous rencontrons deux drôles de personnages sur la route. Ou plutôt dans le fossé car il est dangereux de conduire lorsque vous êtes complètement déchirés à la bière et à d’autres substances plus ou moins illicites… Un petit coup de main pour les remettre sur la route et ils nous ordonnent de les suivre. Ils nous offrent l’apéro et au cours de la conversation l’un d’eux nous donne le numéro de téléphone d’un gars susceptible de nous offrir un travail. Parfait ! Mais malheureusement il est un petit peu tôt pour la saison des pommes, nous ne pourrons pas travailler avant deux semaines… Tant pis, le pays est grand, nous décidons de partir prématurément vers Hillston, la ville de la cerise.


Album: Tumut

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Rencontres

 Et si le hasard n’existait pas…

Mauvais réveil à cause du dur retour à la réalité. Les garagistes ouvrent à 9h et nous avions convenu avec Sue d’appeler l’un d’entre eux pour une éventuelle dépanneuse… Mais je n’aime pas avoir affaire à ce genre de personne et je préfère toujours me débrouiller seul. Donc avant d’appeler, j’ai envi de vérifier quelque chose.

Je rassasie Lumpy d’eau. Le niveau d’huile ? Juste le minimum, ça suffira pour ce que je veux faire. Etonnant… hier le carter était complètement à sec…

Je respire un grand coup et tourne la clef que je viens d’introduire dans le néman. Le moteur démarre au quart de tour… pas de bruit suspect… Je n’arrive pas à y croire… j’éteins ce si précieux moteur de malheurs et je réunis le maximum de neurones qu’il me reste pour réfléchir un moment. Il tourne sans problème, sans bruit, donc pas de casse. Hier soir nous avons dû juste « serrer » à cause de la surchauffe du moteur : ce qui n’est pas irréversible comme une casse moteur.

Alléluia ! Par contre, le joint de culasse doit être complètement hors service. Il faudra quand même faire un tour chez ces messieurs les garagistes pour vérifier cela. Mais nous allons pouvoir rouler en surveillant bien les températures : Pas de dépanneuse !

Sue nous propose de nous emmener chez le mécanicien. Nous n’aurions eu aucun mal à trouver, mais elle préfère que nous la suivions en cas de problème avec notre van. Elle ajoute ensuite qu’elle pourra expliquer mieux que nous notre « problème ». Elle a parfaitement raison et nous acceptons en la remerciant infiniment.

Diagnostic du professionnel : Le joint de culasse est en parfait état. Pas de fumée dans l’eau et pas d’eau dans l’huile… Je lui demande de regarder sous le van pour voir d’où s’est échappée toute l’huile qui recouvre l'entrée de la ferme… Parce que pour moi, quand un moteur perd toute son huile d’un coup c’est soit qu’il y a un gros problème soit qu’un joint quelconque est mort… Il s’exécute mais ne voit pas qui est l’affreux coupable. Qui a bien pu souiller d’huile ainsi tout le bas moteur ? Il nous propose Lundi à la première heure un examen plus approfondis prétextant que nous voulons faire le tour de l’Australie avec. Laetitia était déjà partante bien avant ce problème pour une révision du Van et je suis plutôt pour car je voudrais bien qu’on m’explique…

Va pour Lundi matin.

Nous sommes Vendredi et nous devons passer le Weekend. Sue nous propose sa ferme bien entendu, (incroyable comme les gens sont serviables ici, nous n’en revenons pas !). Nous ne voulons ni gêné, ni être gêné, nous refusons donc aimablement. Direction Bombo Beach qui, d’après Sue, est un merveilleux endroit à dix kilomètres de là. Merci, merci, merci, et encore merci Madame Sue qui nous laisse une carte très détaillée du coin! Elle n’aura pas volé son bouquet de fleurs celle là.

Effectivement, l’endroit est magnifique ! La mer est juste là, à la fenêtre de Lumpy qui n’a ni consommé d’eau, ni consommé d’huile pour venir jusqu’ici… Pas de surchauffe, il a fonctionné comme une horloge… Entre parenthèses nous nous sommes garés sur une place vierge de toutes traces suspecte sur le sol… Je pense que vous comprenez aisément pourquoi…

Au programme dans l’immédiat… Un peu de Bodyboard ? Avec joie, les vagues ne sont pas trop grosses et bien formées pour Laetitia. La vie est belle, il fait beau, l’eau est translucide et le moteur n’est pas cassé !!!

Au petit matin, après une douce nuit réparatrice et dépourvue de tout cauchemar, nous ouvrons le rideau de la fenêtre arrière. Tout en restant confortablement couchés, nous pouvons ainsi admirer le somptueux paysage qui s’offre à nos yeux. Un phare d’un blanc éclatant surplombe la dernière colline verdoyante qui s’enfonce dans la mer.

La mer est calme mais une gerbe blanche vient perturber l’homogénéité de son bleu si profond. Qu’ai-je bien pu apercevoir ? Est-ce un mauvais tour joué par mes yeux qui ne sont pas encore adaptés à la vive luminosité ambiante ? Non !! Dans l’agitation la plus total, je pointe du doigt les deux Baleines qui traversent la baie cinq cents mètres au loin. Laetitia les voit à son tour et de larges sourires se dessinent sur nos visages…

Pas de traces sous le van, le weekend débute sous de bons augures.

Nous décidons de parcourir le sentier qui longe les falaises de la baie. Cette petite promenade sous un soleil de plomb nous emmène jusqu’au déjeuner, et les belles vagues de l’après midi m’invitent à me jeter à l’eau… 16h, nous quittons les lieux pour Gerringong et sa plage WerryBeach situé à vingt kilomètres plus au sud.

Pendant ce court trajet, je crois que nous n’avons à aucun moment cligné des yeux : certainement la peur de rater l’un de ces magnifiques tableaux que la nature s’efforce de peindre depuis tant d’années.

Le compté de Gerringong semble être un véritable petit paradis. C’est beau… c’est calme… L’endroit est truffé de petites aires avec pelouses, tables de pique-nique et barbecues électriques en libre service. Royal pour passer la nuit. De plus, les commodités sont souvent accompagnées de douches. Que demander de plus ?! Ah oui, de l’eau chaude ?! Mais ce n’est qu’un détail comparé à la perfection de tout le reste, une bonne soupe pour le diner et c’est parti pour le gros dodo…

C’est dimanche et nous sommes réveillés par les allés et venus incessants des résidents qui partent et reviennent de leurs randonnées matinales sur la côte. Il est 9h30, il est l’heure de se lever.

Le temps est grisonnant mais peu importe, je monte sur cette petite dune pour vérifier l’état de la houle. Stupéfaction ! Je cours vers notre studio à quatre roues et hurle à ma petite femme : « Cette fois ce sont des Dauphins !!! » Quelques secondes plus tard je suis déjà sur ma planche, appareil photos en main et me délecte du spectacle… Ils viennent jouer dans les vagues à seulement dix mètres de moi… J’en suis désolé mais les mots ne suffisent plus pour décrire ce que l’on ressent quand Dame Nature vous offre un tel présent… Cherchant à ne surtout pas déranger, je n’ai en aucun cas tenté de m’approcher plus que ce que les Dauphins me le permettaient. Je suis sorti de l’eau au bout de quelques minutes seulement. Ne jamais prendre plus de ce que l’on vous donne est une règle d’Or chez moi.

Le reste de la journée est pluvieux voir même cataclysmique aux vues des averses que nous avons dû affronter. Nous avons encore aperçu des Baleines au loin, dont certainement un Bébé qui sautait et claquait la surface de la mer de ses « petites » nageoires.

Il commence à se faire tard et nous reprenons la route sous des trombes d’eau pour passer la nuit à Bombo Beach. De ce fait, nous serons plus prés le lendemain pour amener le van chez le garagiste. Pour la petite anecdote, nous avons pris ce soir là la douche la plus froide et la plus vivifiante de tout notre début de vie. Dehors c’est la tempête, il pleut encore et toujours… La douche est à l’extérieur… « Prem’s » à la douche !! Hors de question que l’un attende en plein vent pendant que l’autre se rince ! Ahhhhhhhhhhhhhhh que c’est dur !!!! Une fois n’est pas coutume, et au nom de la plaisanterie, Laetitia a eu droit à un « Sexy Car Wash » de 3 secondes sur le pare brise complètement gelé ! Nous voilà maintenant tout beau tout propre pour la soutenance de Lumpy du lendemain.

Diagnostic de l’expert : rien, niete, nada… que-dalle quoi !!! Le mécanicien à l’air encore plus étonné que moi… Ce Van est magique… Et je commence sincèrement à trouver la tournure des événements très étranges… Moi, en bon cartésien que je suis j’ai toujours cru au hasard. Mon « hasard fait bien les choses » se transformera t’il en « il n’y a pas de hasard ? » Sans cet arrêt forcé pas de Baleine, pas de Dauphin ! A vous de voir…

Nous avions dit que nous souhaitions partir dans les terres pour trouver du travail… Mais nous retournons à Gerringong. Pourquoi ? Nous ne le savons pas encore… Toujours est-il que sur la route, nous nous arrêtons pour acheter des cannes à pèches et le permis qui va avec.

Nous voici déjà sur la plage, pieds et hameçons dans l’eau à espérer deux poissons pour le repas du soir. Les deux seules « choses » que nous avons réussi à attraper sont Lenny et sa femme Sue (encore une Sue !). Ils étaient là, à chercher des vers pour la virée en mer du lendemain… Ils ont engagé la conversation et de fil en aiguille nous nous retrouvons effectivement en mer le lendemain sur un bateau six places… Je ne le répéterais jamais assez, mais pour le moment, les australiens que nous avons rencontrés sont d’une gentillesse incroyable !! Ce genre de chose n’arriverait jamais en France je pense…

Ces deux personnages d’une soixantaine d’années sont excellents !! Toujours en train de rires des âneries de Laetitia qui me lance sans vergogne des appâts dans la figure… Elle payera ne vous en fait pas… La vengeance est un plat qui se mange bien glace!

Baleines à tribord !!!! Elles sont là !!! Lenny approche le navire doucement de ces géants pour ne pas les troubler. Deux adultes qui claquent l’eau de leurs nageoires et le « petit » qui s’amuse à les imiter et à sauter presque complètement hors de l’eau. D’après Lenny, ces mammifères communiqueraient entre eux de cette façon… Il faudra que je révise mes cours de sciences naturelles mais je ne suis pas convaincu par cette hypothèse…

Plus loin dans la baie nous jetons l’encre et c’est une grosse pèche variée qui débute. Dorades, Jackets, Roussette, Barracuda (Baaraacuudaa !!) et Rougets. Lenny mesure chaque poisson et rejette les trop petits.

Quatre autres Baleines viennent à notre rencontre. Étrange d’après le Capitaine car elles n’entrent que très rarement dans la baie. Elles sont là. Une poignée de mètres nous sépare et en levant leurs gigantesques nageoires, elles semblent nous souhaiter la bienvenue… Quoi dire et quoi faire de plus qu’admirer et rejoindre Laetitia qui est aux anges… Nous n’entendons que les puissants souffles de ces Êtres si beaux, si grands et pourtant si fragiles face à la stupidité de l'homme…

Cet instant restera gravé à jamais dans nos cœurs et dans nos esprits…

Nous terminons cette merveilleuse journée chez nos formidables compères. Ils nous invitent à diner… Snif ils sont trop bons ! Au programme : bière, bière, poissons et bière sur fond de U2 à un volume à la limite du raisonnable pour le voisin de l’autre coté de la ville ! Excellent de voir Mamie Sue chanter à tue-tête « With or without you » !!! Nous les quittons le cœur très lourd… Notre glacière est également très lourde, Lenny a pris soin de la remplir de filets de poissons et de glace. « Two days maaaximuuum !!!! ».

Nous voilà sur la route en direction de Tumut, petite ville à deux cent cinquante kilomètres de là…

Ce Van est magique…


Album: Gerringong - WerryBeach

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PS : Nous commencerons prochainement à travailler dans une contrée très retirée… Donc pas de nouvelle bonnes nouvelles